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AFRIKANEWS

COTE DIVOIRE:Gouvernement Ouattara-Greffiers : Les motifs d'un début de guerre.

19 Décembre 2015, 09:24am

Publié par Mspdi Ubuntu

COTE DIVOIRE:Gouvernement Ouattara-Greffiers : Les motifs d'un début de guerre.

Ayant été très nombreux à nous demander de vous imprégner des réels motifs de l'actuel bras de fer entre le pouvoir OUATTARA et les Greffiers de Côte d’Ivoire, il m'a plu de vous faire visiter toute l'histoire de la grave crise qui a actuellement cours au Ministère ivoirien de la Justice.

Vous vous rendrez aisément compte, de vous-mêmes que, loin d'une banale affaire sociale, il s'agit de la même épineuse question de gouvernance depuis le 11 avril 2011.

Voici l'histoire par Tchedjougou Ouattara :

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Quoi que seuls auxiliaires de Justice "internes", et cheville ouvrière du système judiciaire ivoirien, les Greffiers de Côte d'ivoire resteront méconnus, méprisés, sous-traités, confondus aux autres fonctionnaires, autres que les magistrats, détachés au Ministère de la Justice.

La situation restera inchangée jusqu'au retour du multipartisme en Côte d'ivoire en 1990, multipartisme que les Greffiers mettront à profit pour mettre mettre sur pied une puissante organisation syndicale dite Union Nationale des Greffiers de Côte d'ivoire (U.NA.G.CI).

Avec ce puissant instrument de lutte, les Greffiers de Côte d’Ivoire se feront entendre, pour une première fois, sous la gouvernance du Président Bedié, en entamant le 24 novembre 1994 une grève, pour exiger un Statut spécifique qui les détache de celui de la Fonction Publique qui les a jusque-là régis, et qui est manifestement inadapté à l'oeuvre de judicature.

Ne rencontrant aucune oreille attentive, les Greffiers de Côte d'ivoire multiplieront les grèves sous Bedié, et même pendant la transition militaire du Général Guéi Robert. En vain.

Puis, survint le régime socialiste de Laurent Gbagbo en octobre 2000.

Reprenant leur plate forme revendicative, de 2001 à 2008, les Greffiers de Côte d’Ivoire obtiendront, coup sûr coup, satisfaction sur la réforme financière des greffes qui était aussi l'une de leurs préoccupations principales, et surtout, sur l'existentielle question de leur Statut Spécifique.

En effet, par une Ordonnance Présidentielle signée en février 2008, le President Laurent Gbagbo soulageait conséquemment les Greffiers de Côte d'ivoire.

Mais, le décret d'application pour lequel le President Gbagbo montrait encore de très bonnes dispositions, en instruisant fermement ses ministres concernés, avec des propositions concrètes, ne sera pas objectivé du seul fait des graves manoeuvres politiciennes des Greffiers, militants du Rhdp, qui parvenaient à convaincre la majorité des greffiers à rejeter ces propositions inédites offertes par le Président Gbagbo, en personne, à la Présidence de la République.

Face aux manoeuvres politiciennes de ces Greffiers militants de l'opposition, lesquels promettaient mieux aux Greffiers dès que leur Coalition rebelle parviendrait au pouvoir, le décret d'application de l'Ordonncance du President Gbagbo, resta en souffrance jusqu'à ce que Monsieur Alassane Dramane OUATTARA s'empare du pouvoir le 11 avril 2011.

Mais, coup de théâtre ! Alors que lui, Alassane Dramane OUATTARA a été autorisé, par une Ordonnance du Président Gbagbo, à compétir aussi, à titre exceptionnel, lors des présidentielles de 2010, il opposa aux Greffiers la non validité de l'Ordonnance par laquelle le Président Gbagbo leur avait concédé ce merveilleux Statut Particulier.

Le seul syndicat des Greffiers pouvant impulser une lutte, dorénavant aux mains de ceux qui promettaient mieux aux Greffiers, au temps du Président Gbagbo, est quasi inexistant. Les nouveaux responsables de ce principal syndicat des Greffiers sont immédiatement nommés à d'importants postes de responsabilité.

Il n'y a plus de lutte syndicale pour les Greffiers.

Profitant de cet affaiblissement, le Ministre de la Justice, sieur Coulibaly Gnenema impose aux Greffiers une autre loi par voie parlementaire, en guise de Statut Spécifique, en remplacement de l'ordonnance du Président Gbagbo.

Étant dorenanvant sans instrument de lutte, les Greffiers, livrés à leur triste sort face à un régime anti-social, sont malmenés. Ils n'ont pas d'autre choix que celui de s'assujettir aux desiderata d'un ministre de tutelle, ancien chef de guerre.

C'est dans ces circonstances que le Parlement ivoirien a adopté, en juillet 2015, une loi portant nouveau Statut des Greffiers de Côte d'ivoire.

A la vérité, ce n'est qu'un Statut spécifique de forme, entendu que tout ce qui fait normalement, la substance d'un Statut spécifique d'un corps tout aussi spécifique, comme celui des Greffiers, et qui était contenu dans l'Ordonnance signée par le Président Laurent Gbagbo au profit des Greffiers en 2008, en a été proprement extrait par cette loi Coulibaly Gnenema.

Mais, dépourvus d'une structure syndicale digne de mener une vraie lutte, après le 11 avril 2011, que pouvaient encore les greffiers, si ce n'était de faire contre mauvaise fortune, bon coeur ?

Entre-temps, certains Greffiers, visités par le leadership, se ravisent en regard des agissements de ceux qui leur avaient promis le ciel, et qui, dès que leur Coalition est parvenue au pouvoir, se la coulent douce, au détriment des intérêts de l'ensemble des Greffiers.

Aussi l'idée de la mise sur pied d'une coordination des activités de tous ces syndicats de Greffiers en hibernation, naquit elle.

Seul objectif : faire la pression qui s'impose afin que cette loi sans réel contenu spécifique aux Greffiers qui vient d'être adoptée en juillet 2015, puisse, au moins, être suivie de la prise d'un décret d'application, lequel décret donnerait une idée des avantages financiers, à comparer certainement à ceux que le Président Laurent Gbagbo, himself, avait offerts, et que les manoeuvres politiciennes des Greffiers militants de la Coalition Rhdp avaient fait échouer.

C'est alors que pendant cette rentrée judiciaire 2015-2016 (octobre dernier), la nouvelle Coordination des Syndicats des Greffiers reprit les choses en mains, en exigeant du pouvoir Ouattara, la prise, sans delai, du décret d'application de la loi portant Statut des Greffiers qu'il a fait adopter en juillet 2015, en violation de l'Ordonnance signée par le Président Gbagbo à cette même fin en 2008.

Mais, comme depuis le 11 avril 2011, le dialogue social n'existe plus en Côte d'ivoire, face à ce leur légitime réclamation, le pouvoir OUATTARA leur a brandi des menaces.

Revenus de leur torpeur, et dorénavant déterminés à marquer ce terrain judiciaire dont ils détiennent les clefs d'entrée et de sortie, la Coordination des Syndicats des Greffiers, dirigé par Maître Boli Bi, décréta une grève d'avertissement du 8 décembre au 10 décembre dernier.

Mais, aussitot cette grève légale entamée, le pouvoir policier et antidémocratique de Monsieur Ouattara faisait arrêter deux Greffiers, transférés immédiatement à la Préfecture de Police, avant d'être déférés devant le juge d'instruction du tribunal de Yopougon.

Jugeant un tel traitement méprisant pour leur corps, la grève d'avertissement s'est transformé en une grève illimitée, jusqu'à la libération des Greffiers arrêtés.

Curieusement, le pouvoir en place ne l'entend point de cette oreille. Il veut à tout prix juger ces Greffiers.

Mais sans Greffiers, comment ce pouvoir parviendrait-il à les juger ?

C'est sur ces entrefaites que ceux qui ont fait échouer, en son temps, les importantes propositions du Président Gbagbo, himself, regroupés, cette fois-ci, dans une nouvelle Structure appelée "Alliance", remettent actuellement le couvert pour demander aux Greffiers de reprendre le travail, malgré l'emprisonnement de leurs deux camarades en lutte.

Heureusement, que pour l'heure, pour la majorité écrasante des Greffiers, c'est une question de vie ou de mort.

C'était, afin que nul nul en ignore !

Allons-y seulement! Tout près est très près !

Tchedjougou OUATTARA

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