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AFRIKANEWS

COMPTE RENDU CONFERENCE-DEBAT THEME : Enjeux et Bilan partiel du procès du Président Laurent GBAGBO et du Ministre Charles Blé Goudé

23 Février 2016, 13:22pm

Publié par Mspdi Ubuntu

COMPTE RENDU CONFERENCE-DEBAT  THEME : Enjeux et Bilan partiel du procès du Président Laurent GBAGBO et du Ministre Charles Blé Goudé

A l’initiative de la Plateforme des Leaders pour GBAGBO et en collaboration avec la Coordination du Front Populaire Ivoirien en exil, une Conférence-Débat a eu lieu à Accra au Ghana le samedi 20 février 2016, de 11h30 à 16h00 mn.

Cette conférence initiée à l’endroit des exilés et réfugiés politiques ivoiriens du Ghana visait à mettre tous les concernés au même niveau d’information et à favoriser une meilleure compréhension du procès qui a cours en ce moment à La Haye au Pays-Bas, où comparaissent le Président Laurent GBAGBO et son Ministre Charles Blé Goudé.

Le thème de la conférence a porté sur le Bilan Partiel et les Enjeux du procès.

Il a été déroulé en trois communications dont les traitements ont été l’affaire de trois éminents cadres ivoiriens en exil, qualifiés et suffisamment outillés pour répondre aux objectifs de la rencontre. Les communications se sont présentées comme suit :

COMMUNICATION I : Bilan Partiel du procès, animé par Me Roger DAKOURY ;

COMMUNICATION II : Impacts du procès sur la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire et la situation des réfugiés ivoiriens, expliqués par le Ministre Lazare KOFFI KOFFI ;

COMMUNICATION III : Enjeux Politiques du procès, présentés par le Ministre Justin Katinan KONE ;

Après les salutations d’usage et le mot de bienvenue adressés par le Ministre Emile GUIRIEOULOU, Président de la Coordination du Front Populaire Ivoirien en exil, hôte et modérateur du jour, le Président Damana Adia Pickass, au nom de la Plateforme des Leaders pour GBAGBO, a situé le cadre de la rencontre et remercié les invités pour avoir effectué massivement le déplacement.

La maîtrise de cérémonie étant assurée par le Secrétaire Général Adjoint de la Coalition des Patriotes Ivoiriens en Exil (CO.P.I.E), le camarade Askène CISSE, s’est attelé à présenter le programme et à conduire les différentes articulations de la rencontre.

  • COMMUNICATION I : BILAN PARTIEL DU PROCÈS

Dans un brillant exposé, l’ex Président de l'Union Nationale des Greffiers de Côte d'Ivoire (UNAG-CI) a fait le récapitulatif des différentes interventions des parties présentes au procès, notamment les Bureaux du Procureur et des représentants légaux des victimes d’une part, et les équipes de Défense du Président Laurent GBAGBO et du Ministre Charles Blé Goudé, d’autre part.

Pour le premier conférencier, il est aisé d’identifier les éléments qui fondent la vacuité du dossier, par une simple observation des manœuvres partisanes, dilatoires et ostentatoires du Bureau du Procureur, qui tente avec peine et sans succès depuis 2011, à établir de manière formelle et avérée, l’existence d’un plan commun et les responsabilités indirectes des illustres prévenus dans la commission des crimes dont ils sont accusés. Mieux selon lui, les arguments des témoins à charge qui se sont successivement prêtés au contre-interrogatoire de la Défense, ont révélé l’ampleur du complot et mis à nus les connivences entre les juges et le Bureau du Procureur.

Il a poursuivi pour dire que techniquement, le faux et usage de faux révélé par la Défense, dont il a salué au passage la vigilance et le professionnalisme, ainsi que les contradictions récurrentes entre les dépositions écrites et les déclarations verbales des témoins, pour ne citer que ces quelques éléments, devraient constituer à eux seuls des motifs valables d’abandon des poursuites et de relax pure et simple des prévenus.

Il a affirmé que l’ajournement que les juges ont prononcé en 2013 lors des audiences de confirmation des charges pour insuffisance de preuves, est la seule qui vaille et qui aurait pu donner une certaine crédibilité à la CPI, qui peine à dire le droit.

Pour clore son propos, Me Dakoury a déclaré que le dossier du Président Laurent GBAGBO et de son Ministre reste vide et exprimé sa pleine conviction que le passage à la barre des Généraux dont les noms ont été divulgués par inadvertance va creuser le fossé et finir de convaincre que la crise ivoirienne a mis en prise deux armées opposées, et non des populations civiles et des hommes en arme, comme tente abusivement la Procureure de le faire croire.

  • COMMUNICATION II : IMPACTS DU PROCÈS SUR LA RÉCONCILIATION NATIONALE ET LA SITUATION DES RÉFUGIÉS IVOIRIENS

Le Ministre Lazare KOFFI KOFFI qui a intervenu en seconde position a fait un exposé serein, emprunt des grands cours de sciences politiques. Il a dévoilé le plan lugubre et vieux du système impérialiste qui consiste à diviser les peuples pour mieux les asservir et s’enrichir.

Pour lui en effet, c’est plutôt la Cour Pénale Internationale, bras séculier de l’oligarchie occidentale, qui a été engagée dans un plan commun avec M. Alassane Ouattara, l’autre pion de la nébuleuse, dans un projet de reconfiguration sociologique de la Côte d’Ivoire. Cette manœuvre a été confirmée par les propos de l’accusation elle-même, lors de la première partie du procès, dans lesquels elle a affirmé, contrairement à ce que les Ivoiriens ont toujours su et que l’histoire a enseigné jusqu’ici, que le pays compte seulement deux grands groupes ethniques, au lieu des cinq avec sa soixantaine d’ethnies que nous connaissons.

Selon l’argumentaire de l’équipe de Bensouda, l’un des deux grands groupes est composé des Bétés, Attiés, Wê et assimilés, de confession religieuse chrétienne et localisés dans la partie sud du pays ; tandis que l’autre groupe est constitué des Dioulas, Senoufos, Lobis et assimilés, musulmans et qu’on retrouve au nord de la Côte d’Ivoire. Toujours selon ses dires, se sont ces deux entités qui ont été opposées en Côte d’Ivoire.

De l’exposé du conférencier donc, cette présentation dangereusement erronée, qu’il a qualifié de faux-grossier, vise à faire croire que le problème ivoirien relève d’une crise identitaire, à la fois ethnique et religieuse dont le responsable est le Président Laurent GBAGBO. Il a rappelé que ce sont les mêmes acteurs à la manœuvre, qui se sont illustrés de la même manière au Rwanda, en Centrafrique, au Libéria, etc.

Conformément aux objectifs visés par l’accusation, selon le conférencier, une telle schématisation devrait être à même de provoquer le mécontentement qui aurait poussé les populations à la révolte, de sorte à permettre aux mandats encagoulés de passer à une autre étape de leur projet de ‘’Rwandadisation’’ de la Côte d’Ivoire.

Heureusement a-t-il précisé, ils y sont allés sans compter avec la maturité et les aspirations profondes des Ivoiriens, guidés par leur culture de paix et de pardon.

Le Ministre Lazare KOFFI a aussi exprimé ses vives inquiétudes et déploré cette attitude de la CPI, qui ne cadre pas avec la mission qu’elle s’est assignée et dont la teneur est mentionnée dans le Traité de Rôme. Il a conclu pour dire que si l’accusation ne change pas à temps son fusil d’épaule et poursuit sur sa lancée, tel qu’il a été donné d’observer du 28 janvier au 15 février dernier, elle se rendra coupable d’une guerre civile en Côte d’Ivoire avec de fâcheuses conséquences sur l’ensemble de la sous région.

  • COMMUNICATION III : ENJEUX POLITIQUES DU PROCES

Le Porte-parole du Président Laurent GBAGBO, le Ministre Justin Katinan KONE était au meilleur de sa forme pour satisfaire l’assistance. Maitrisant parfaitement son sujet, il a relevé les faiblesses structurelles de la CPI, les flagrantes et inquiétantes similarités entre les précédents dossiers qui ont été ouverts dans cette institution, notamment celui de Milosevic.

Pour lui en effet, les charges contenues dans l’acte d’accusation de Slobodan Milosevic, fondateur du Parti Socialiste de Serbie et ancien Président de la République Fédérale de Yougoslavie, sont quasiment identiques à celles du Président Laurent GBAGBO, fondateur du Front Populaire Ivoirien. Il a fustigé le Bureau du Procureur qui malgré tous les moyens qui lui sont octroyés, n’a fourni aucun effort, en se contentant seulement de faire un copier-coller du dossier Milosevic avec des noms différents.

Il a par ailleurs rappelé la méthode classique de l’occident qui consiste à appliquer la ‘’justice des vainqueurs’’ après avoir gagné une guerre et pour définitivement neutraliser un ennemi ou un dirigeant insoumis. Pour étayer ses propos, le Ministre Katinan KONE a mentionné les exemples des indélicatesses qui ont émaillé le procès de Nuremberg (ville allemande), intenté par les alliés en 1945 contre plusieurs dirigeants allemands, et celui du génocide rwandais où d’énormes faits graves, tels que des complicités, incompétences, irrégularités, partialités, ont été constatées.

Le Porte-parole du Président Laurent GBAGBO a dans sa démarche relevé le caractère politique de toutes ces procédures, en mettant en exergue les enjeux économiques et hégémoniques qui avaient alors cours dans les pays des différents accusés. Pour lui, l’ONU étant partie prenante du conflit en Côte d’Ivoire, ne saurait s’ériger en juge à travers l’une de ses institutions qui est la Cour Pénale Internationale.

Dans une progression chronologique des agressions que la Côte d’Ivoire a connu de 2001 à 2011, il a démontré que le véritable adversaire du Président Laurent GBAGBO ce n’est pas Alassane Ouattara, mais bel et bien l’ONU (Etats Unis, France, Union Européenne).

Le troisième et dernier conférencier du jour a jugé scandaleux les dérives auxquels s’adonnent d’éminents fonctionnaires de la CPI à cause de l’argent. Il a qualifié cette Cour de véritable réseau d’intérêts et présenté la teneur des avantages pécuniers et autres liés à la profession dont bénéficient les juges, greffiers, procureurs, avocats, traducteurs, etc. Une sorte de business dans lequel chacun y gagne pour son compte selon l’envergure des affaires, a-t-il martelé.

A la fin de son développement, il est arrivé à la conclusion que le Président Laurent GBAGBO est pris en otage à la CPI, et que c’est notre mobilisation à toute épreuve qui pourra le libérer des mains de ses geôliers.

FIN DES COMUNICATIONS (13h30 mns)

La série des contributions et questions-réponses a été ouverte à la fin des communications. Une quinzaine de personnes se sont succédées et la qualité des interventions a favorisé l’enrichissement des échanges.

C’est une ambiance bon enfant qui a prévalu ce samedi 20 février, dans laquelle les participants venus de diverses localités du Ghana ont su communier sous fond de patriotisme.

Plusieurs mouvements et organisations d’exilés étaient représentés, notamment la CO.P.I.E, la CPIE, le CFRI, le REFERI, le FARI et l’Association des Étudiants Ivoiriens Exilés.

Étaient également représentés, la famille du Président Laurent GBAGBO à travers sa fille Marie-Laurence KIPRE et le Délégué-Ghana de l’Union des Nouvelles Générations (UNG), le camarade Avogadro.

Au titre des informations, le Président Emile GUIRIEOULOU a annoncé l’arrivée prochaine au Ghana d’une délégation du Front Populaire Ivoirien (FPI), a l’invitation de la Coordination qui entend prendre une part active dans le programme d’actions stratégiques du Parti. Il a promis s’informer des raisons de l’éventuelle venue de Mme Fatou Bensouda au Ghana, en réponse à une information provenant de l’assemblée.

Il a ensuite rappelé l’engagement du FPI à la formation des militants et appelé à une reconversion des mentalités, afin que chaque exilé puisse impacter positivement son environnement immédiat en particulier et la Côte d’voire en général.

Le Pasteur Moïse KORE, de l’association des Pasteurs ivoiriens en exil, a eu le privilège de bénir le repas copieux et varié offert par les organisateurs.

Une motion de félicitations et d’encouragements a été adressée à la Coordination du Front Populaire Ivoirien en exil et à la Plateforme des Leaders pour GBAGBO.

C‘est à 16h00 mn précises que le modérateur a clos la séance, après avoir résumé de manière exhaustive et éloquente l’ensemble des interventions, qui admettent malgré tout, le caractère spirituel de la crise ivoirienne et la nécessité de recourir à Dieu pour gagner le combat de dignité et de libération dans lequel tous sont engagés.

Fait à Accra, le 20 février 2016

Le Rapporteur

Askène CISSE

Commenter cet article

konda 23/02/2016 14:52

je suis burkinabe.je suis avec vous