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AFRIKANEWS

CENTRAFRIQUE EN CRISE : INTERVIEW EXCLUSIVE DU MINISTRE ARMEL SAYO MINGATOLOUM :" J'aurais aimé que le président de la République procède autrement pour rester conforme à nos engagements de sortie de crise inclusive"

21 Décembre 2020, 02:59am

Publié par Mspdi Ubuntu

CENTRAFRIQUE EN CRISE : INTERVIEW EXCLUSIVE DU MINISTRE ARMEL SAYO MINGATOLOUM :" J'aurais aimé que le président de la République procède autrement pour rester conforme à nos engagements de sortie de crise inclusive"

CRISE ARMÉE EN CENTRAFRIQUE : LE MINISTRE ARMEL SAYO MINGATOLOUM SANS DÉTOUR :"JE SUIS AU REGRET DE CONSTATER QUE TOUS NOS EFFORTS POUR ALLER À LA PAIX, LA RÉCONCILIATION ET LA DÉMOCRATIE SONT EN TRAIN D'ÊTRE GÂCHÉS DÉFINITIVEMENT."

La crise en Centrafrique commence à prendre des détours critiques et et devenir desesperant ces derniers jours.
Tout à commencé avec la publication des listes des candidats retenus pour les élections législatives et présidentielles. 
Juste avant, les communauté nationale et diplomatique étaient surprises par le refus catégorique du président Archange Touadera de céder à l'idée d'une concertation nationale avant les dites élections. 
Parmi les malheureux candidats rejetés il faut noter que la totalité  des chefs de guerres leaders de groupes armés ayant pourtant participé au processus de paix en cours depuis ces deux dernières années ont été recalés aux législatives. 
Les deux gros poids lourds refusés sont l'ex président Général BOZIZE rentré d'exil il  ya peu et l'actuel ministre du gouvernement chargé de la Réforme Administrative et de l'innovation technologique, le Commandant d'armée, Porte-parole de l'ensemble des groupes armés participant au processus de paix issu des négociations de Khartoum, le ministre ARMEL MINGATOLOUM SAYO. 
Une à une les régions ont commencé à s'embraser. La peur s'est emparée des populations de Bangui et de l'ensemble du pays. 
Aujourd'hui que les armes commencent à crepiter un peu partout dans le pays menaçant de fait les élections générales prévues pour le 27 décembre 2020, votre organe a pu arracher des mots au ministre ARMEL SAYO qui ne cache pas son amertume. 


Lisez cette  interview exclusive... 

AFRIKANEWSGROUP :
Monsieur le ministre, votre candidature a été refusé récemment aux élections générales prochaines. Vous n'avez pas encore réagit officiellement que maintenant ce sont les armes qui crépitent jusqu'à une certaine de kilomètres de Bangui. Quelle est votre réaction à chaud puisque l'inquiétude est totale désormais ?

#Le ministre ARMEL SAYO MINGATOLOUM :

Évidemment c'est une situation préoccupante et même très grave. Nous sommes à quelques jours du 27 décembre, date supposée de l'élection présidentielle et législatives. Alors que le mécontentement s'est généralisé suite au refus des candidats issus des groupes armés et de l'échec de la concertation nationale pré électorale suggérée par la communauté internationale ou des partenaires impliqués dans la résolution de la crise. 
Actuellement avec la présente situation je suis personnellement meurtri de constater que tous nos efforts depuis ces dernières années sont en train d'être voués à l'échec même si on doit toujours garder l'espoir d'une possibilité de sursaut patriotique. 

AFRIKANEWSGROUP :
Selon les informations en notre possession les yeux accusateurs sont tournés vers le Président Général BOZIZE et l'ensemble des groupes armés dont vous. Êtes-vous responsables des présentes attaques?

LE MINISTRE ARMEL SAYO MINGATOLOUM :
Notre pays traverse une situation extrêmement délicate. Vous constatez que je suis à Bangui comme tous, et je reste solidaire de la République. Je ne suis responsable de rien. Je constate seulement comme tous la détérioration de l'environnement. 
Même si je suis au regret de constater ma candidature a été refusée sur la base d'arguments totalement fallacieux, irresponsables et inadmissibles pour faire plaisir à certains. Avant tout surtout, j'ai une haute compréhension de mon devoir vis-à-vis de la République et vis vis-à-vis de l'ensemble des groupes dont je suis Porte-parole dans le cadre du processus de sortie de crise. J'ai donné ma parole à Khartoum et je continue de respecter mes engagements nonobstant les dérapages constatés ici et là . 
 J'aurais aimé que le président de la République procède autrement pour demeurer conforme à nos engagements de sortie de crise inclusive qui est basée sur le Compromis et la Solidarité entre acteurs de haut niveau de responsabilité . 
Je me garde pour l'instant de pointer le doigt sur tel ou tel groupe , encore moins accuser l'un ou l'autre. En effet, mieux vaut rester conciliant et très objectif afin de donner une chance à la paix, au retour à la normalité, et à l'apaisement de l'environnement sociopolitique. 
En tant que patriote et responsable, je suis plutôt favorable à toutes les propositions et actions visant à mettre fin aux conflits armés pour un retour à la diplomatie, à la politique inclusive de la concertation. C'est pourquoi j'insiste pour dire qu'on aurait pu éviter cette situation de régression, car notre état demeure toujours fragile même si nous avons des partenaires extérieurs divers qui sont à notre côté . Je continue de les remercier pour leurs engagements auprès de notre pays malade 

AFRIKANEWSGROUP :
Êtes-vous d'avis avec tous ceux qui affirment que les élections prochaines sont compromises ? 
#Le ministre ARMEL SAYO MINGATOLOUM :
Je ne suis pas pessimiste car optimiste de nature. Mais je ne suis pas du tout naïf puisque la situation est très préoccupante. 
À partir du moment où presque tous les fronts sont au rouge et la majorité du territoire occupée par les forces militaires opposées au gouvernement ne sont pas satisfaites, je crois que la responsabilité exige de tous les acteurs significatifs de revoir à la baisse leurs égoïstes postures et revenir sur terre en pensant à nos populations qui ont trop souffert et qui continuent de souffrir depuis des décennies. Ainsi nous saurons tous la nécessité de la paix des braves pour s'asseoir et discuter afin d'analyser à froid ce qui est faisable et ce qui doit être révisé dans nos démarches pour sauver les meubles. 
Les élections, au regard de ce qui se passe, deviennent moins importantes pour l'heure face à la vie de nos concitoyens et de tout le processus de sortie de crise qui semble gravement rétrograder. J'ai bien peur qu'on mette la charrue avant les bœufs. 
Les conditions pour une élection paisible et inclusive à une semaine de la date sont, en toute objectivité, pratiquement inexistantes. Demeurons optimistes et patriotes pour donner une chance à la RCA, plutôt pour une sortie urgente de cette spirale de conflits interminables. 
Mais il revient à tous les acteurs majeurs d'apprécier la situation et décider les échéances et actions réalistes. 

AFRIKANEWSGROUP :
Quel est votre dernier mot de fin, mais avant cela votre message à l'endroit des groupes armés et du peuple. 

#Le ministre ARMEL SAYO MINGATOLOUM :

J'invite tous les protagonistes à la négociation et à la paix des braves pour éviter encore des victimes qui sont nos populations. 
J'invite particulièrement le Chef de l'état à prendre des mesures et initiatives courageuses pour ramener tous les belligérants connus ou pas à revenir sur la table de négociation. Car le retour à la paix incombe principalement aux autorités qui ne doivent jamais se lasser de tendre la main. 
À la communauté internationale je voudrais dire de ne pas baisser les bras et de continuer à nous aider à surmonter cette autre impasse déplorable. 
Je demeure pour l'instant très réservé pour donner une chance à la concertation inclusive et à la Réconciliation et la paix. 
Ce pays nous appartient à tous et nos concitoyens qui espèrent beaucoup de nous ont droit à la paix et surtout au respect de leurs droits et intégrité physique.

Nous avons tous l'obligation de leur éviter cette rétrogradation. Nous avons l'obligation d'être à la hauteur de nos défis historiques et je continuerai  modestement à jouer la part qui est la mienne sans peur et sans compromission pour notre belle Centrafrique, notre unique patrie à tous qui nous a tout donné . 
J'invite le peuple Centrafricain à rester optimiste et brave. Restons Unis autour de la patrie malade dans la solidarité et le patriotisme vrai. 
Je vous remercie d'être toujours à notre côté dans ce combat pour la dignité humaine et pour la paix en RCA. 

Interview réalisée par Charles Marlone Mayomo 
Email :mspdinfos@gmail 


 

 

Le ministre ARMEL SAYO, Porte-parole des groupes armés des négociations de Khartoum au Soudan
Le ministre ARMEL SAYO, Porte-parole des groupes armés des négociations de Khartoum au Soudan
Le ministre ARMEL SAYO, Porte-parole des groupes armés des négociations de Khartoum au Soudan

Le ministre ARMEL SAYO, Porte-parole des groupes armés des négociations de Khartoum au Soudan

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