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AFRIKANEWS

GUINÉE-BISSAU/VIOLENCES POLICIÈRES :LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME ÉCRIT AU PRÉSIDENT MACKY SALL, AU SG DE L'ONU ET À LA PRÉSIDENTE DE L'UNION EUROPÉENNE

12 Février 2022, 20:16pm

Publié par Mspdi Ubuntu

Le President du Sénégal Macky Sall interpellé par la Ligue des droits de l'homme 

Ligue Guinéenne des Droits de l’Homme 
  
Lettre ouverte à M./Mme 
  
António Guterres - Secrétaire Général des Nations Unies 
Macky Sall - Président de l’Union Africaine 
Ursula Von Der Leyen - Présidente de la Commission Européenne 
  
Excellences, 
  
Mes meilleurs et respectueux compliments.  
  
En raison de sa mission d’alerte précoce en matière défense des droits de l’homme et vu le besoin urgent de contenir les effets imprévisibles et pernicieux de la situation actuelle, la Ligue Guinéenne des droits de l’Homme exprime et demande ce qui suit : 
  
La Guinée-Bissau, en tant qu’État de Droit, s’oblige constitutionnellement à respecter, protéger et promouvoir les droits de l’homme en tant qu´attributions principales de l’État et prémisses indispensables à la paix et au développement durable. En conséquence de ce desideratum, il y été enregistré depuis l´ouverture politique, au début des années 90, des progrès progressifs en ce qui concerne les droits et libertés fondamentaux, maxime, la liberté d’expression, le pluralisme politique, la liberté de la presse, l’indépendance du pouvoir judiciaire, la liberté syndicale, la liberté de manifestation et de  de réunion, depuis l’ouverture politique de l’ouverture politique dans les années 1990.  

Le SG DE L'ONU ANTONIO GUTERRES 
  
Cependant, les résultats objectivement perceptibles tout au long de notre parcours démocratique ont été fortement compromises depuis l’installation du régime politique actuel dont l’objectif principal se traduit par la confiscation progressive des droits et libertés fondamentaux pour installer un régime totalitaire. En effet, les autorités politiques font de l’utilisation systématique de méthodes illégales telles que la violence policière, l’intimidation, les arrestations arbitraires, les enlèvements et les passages à tabac de journalistes, de militants civiques et d’opposants politiques, leur prérogative, au profit des forces de sécurité et du pouvoir judiciaire. Tout cela est associé aux discours politiques ségrégationnistes et à l’incitation à la haine qui érodent les fondements de la cohésion sociale et de la tolérance religieuse en Guinée-Bissau.  

Le President Ballo est interpellé 
  
Excellences  
  
Il est légitime de dire que les fondements de l’État de droit démocratique n’ont jamais été aussi menacés en Guinée-Bissau qu’ils ne le sont aujourd’hui. Cette conclusion est le résultat d’une analyse exhaustive et objective des schémas et tendances d’action du régime en vigueur. En outre, les faits décrits ci-dessus montrent des signes extrêmement décourageants qui laissent présager des scénarios imprévisibles dans un avenir proche, compte tenu des faiblesses des institutions démocratiques nationales. Le tableau flou des droits de l’homme est toujours éclipsé par un climat ostentatoire d’insécurité généralisée soutenue par la crispation politique, à l´image de l’émeute du 1er février au palais du gouvernement qui a fait 11 morts et plusieurs blessés, selon les chiffres officiels publiés par le gouvernement. 

La Ligue Guinéenne des Droits de l'homme invite l'union européenne à être préoccupée par les violations des droits de l'homme 
  
Au lieu de mener des enquêtes sérieuses pour déterminer les responsabilités tant pénales que politiques et administratives dans le respect du cadre juridique, les autorités nationales ont été guidées par l’instauration d’un climat de terreur qui a conduit à la détérioration sans précédent de la situation des droits de l’homme qui se résume à ce qui suit:  
  
1.    L’attaque barbare et, en conséquence, la destruction de Rádio Capital FM le 7 février 2022, qui a fait sept blessés parmi les journalistes, dont un dans un état grave; 
2.    L´enlèvement et la détention arbitraire en dehors de la loi de plus de 60 citoyens, auxquels l’accès à des avocats et aux visites familiales sont refusés;  
3.    Invasion illégale d’installations privées sans mandat de fouille, accompagnée de tirs d’armes automatiques et de gas lacrymogène, à la résidence du citoyen Rui Landim, commentateur politique de Rádio Capital FM;  
4.    Persécutions, intimidations et menaces de morts à répétitions à l’encontre d´activistes et de dirigeants de la LGDH et d’autres organisations de la société civile, de journalistes et de commentateurs politiques critiques du régime politique actuel, en particulier l’ancien Président de la Ligue, M. Luís Vaz Martins; 
5.    Réactivation d’une escouade d’enlèvements et de tabassage, qui fonctionne comme une sorte de milice du régime installé, en particulier du Ministère de l’Intérieur où les victimes sont finalement emmenées, à des fins de simulation et de procédures ; 
  
Compte tenu de ce contexte instable et néfaste pour les droits de l’homme, il devient impératif une intervention plus vigoureuse de la communauté internationale, sous peine de contribuer indirectement à une instabilité permanente, avec des conséquences sous-régionales. Pour la défense des valeurs axiologiques de la démocratie et de la stabilité sous-régionale, la Direction nationale de la Ligue Guinéenne des Droits de l’homme vous exhorte à :  
  
a)    Demander aux autorités nationales de mettre immédiatement fin à la vague d’arrestations arbitraires, d’intimidations et de menaces contre des citoyens et des activistes des droits de l’homme ; 
b)    Influencer la création d’un comité d’enquête indépendant pour clarifier les circonstances dans lesquelles s´est déroulée l’attaque meurtrière contre le palais gouvernemental ; 
c)    Exiger des autorités nationales qu’elles respectent scrupuleusement leurs obligations internationales en matière de droits de l’homme, en particulier la liberté de la presse et d’expression et le droit à un procès juste ; 
d)    Demander aux autorités nationales de cesser immédiatement les actes de violence gratuite contre les opposants politiques, car la démocratie n’a pas de sens sans la garantie d’une opposition libre et responsable ; 
e)    Contribuer à la responsabilité pénale des auteurs moraux et matériels des attaques contre le palais du gouvernement, Radio Capital FM, la résidence du citoyen Rui Landim, entre autres.  
f)    Renforcer les mécanismes de suivi de la situation des droits de l’homme dans le pays en collaboration avec les organisations de la société civile 
  
Fait à Bissau, le 10 février 2022. 
La Direction Nationale  
  
Augusto Mario da Silva 
________________________ Président

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